L’ONU alerte sur la détérioration de la situation humanitaire au Sahel

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« La crise (humanitaire) au Sahel arrive à un point de rupture », a prévenu vendredi le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), à quelques jours d’une conférence ministérielle (20 octobre) destinée à lever des fonds pour cette région africaine, a rapporté l’ONU sur son site.

« La situation humanitaire s’est fortement détériorée au cours des deux dernières années. Les besoins augmentent plus vite que le financement », a déclaré Jens Laerke, porte-parole d’OCHA lors d’une conférence de presse à Genève.

Selon ce département des Nations Unies, « les habitants de cette région frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont aujourd’hui à l’épicentre des conflits, de la pauvreté et du changement climatique ». Et sans une aide des pays donateurs, les agences humanitaires craignent que « la région ne se transforme en l’une des plus grandes crises du monde ».

Les chiffres témoignent d’une détérioration de la situation humanitaire sur le terrain. Plus de 13 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, dont plus de la moitié sont des enfants, précise l’ONU ajoutant que le nombre de personnes souffrant de la faim a triplé au cours de l’année dernière pour atteindre 7,4 millions.

Aggravant la situation, le semi-confinement, le confinement et autres mesures de prévention anti-Covid-19 ont poussé « 6 millions de personnes supplémentaires dans la région vers l’extrême pauvreté », rapporte encore l’ONU.

Le conflit armé, l’extrême pauvreté, l’insécurité alimentaire, le changement climatique et la pandémie de Covid-19 sont autant de facteurs qui se conjuguent au Sahel. Dans l’ensemble de la région, plus de 2,7 millions de personnes ont été contraintes à fuir leurs foyers, selon la même source.

Les pays du Sahel central, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont ceux qui connaissent les déplacements les plus importants. Plus de 1,5 million de déplacés internes et 365.000 réfugiés ont fui la violence au Sahel central, dont plus de 600.000 pour la seule année en cours, indique l’ONU.

D’une manière générale, les multiples crises qui convergent dans le Sahel central, notamment la montée de la violence armée et les retombées socio-économiques de Covid-19, aggravent la situation des enfants « dans l’une des régions les plus pauvres et les moins développées du monde ».

« Un nombre record de 7,2 millions d’enfants au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont désormais besoin d’une aide humanitaire, soit une augmentation de deux tiers en un an seulement », a déclaré vendredi, Marixie Mercado, porte-parole de l’UNICEF, cité par l’ONU.

Par ailleurs, l’agence onusienne note que les estimations sur le nombre d’enfants souffrant de malnutrition mortelle cette année sont en hausse d’un cinquième.

« La situation est particulièrement grave dans certaines régions du Burkina Faso qui accueillent un nombre particulièrement important de personnes déplacées », a ajouté Mercado, relevant que dans « les communes de Djibo, Gorgadji et Barsalogho, le taux de mortalité des enfants dépasse déjà le seuil d’alerte d’urgence ».

C’est dans ce contexte que les Nations Unies, le Danemark, l’Allemagne et l’Union européenne organiseront, mardi 20 octobre, une conférence ministérielle sur la situation humanitaire dans le Sahel central qui couvre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Selon l’ONU, l’objectif est de lever des fonds et attirer l’attention de la communauté internationale sur cette crise qui menace de devenir l’une des pires au monde. La réunion – par vidéoconférence – se fixe aussi pour objectif que les pays donateurs et ceux de la région trouvent des solutions durables qui élimineront les besoins en aide humanitaire, précise l’ONU rappelant que les plans d’aide pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont seulement financés à 40%.

 

 

 

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