Financement libyen: Ziad Takieddine revient sur sa déposition et dédouane Sarkozy

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L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, qui affirmait jusqu’à présent, avoir servi d’intermédiaire dans l’affaire dite du financement libyen de la campagne de l’ancien président français Nicolas Sarkozy en 2007, revient sur cette version et le dédouane, dans une vidéo diffusée mercredi dans la presse nationale. 

« Monsieur Sarkozy n’a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle » assure celui qui a longtemps été son principal accusateur dans cette affaire tentaculaire.

Dans une séquence diffusée par BFMTV, Ziad Takieddine accuse « le juge » d’avoir « voulu tourner ça à sa manière » en le faisant « dire des propos qui sont totalement contraires aux propos » qu’il tenait durant ses auditions. 

« Il n’y a pas eu de financement de campagne présidentielle par Monsieur Sarkozy. Jamais » lancé-il, depuis le Liban où il est en fuite. 

L’ancien président français (2007-2012) a très rapidement réagi sur son compte Facebook en annonçant avoir mandaté son avocat pour « déposer une requête en démise en examen et d’engager une procédure pour dénonciation calomnieuse contre Ziad TAKIEDDINE dont les précédentes allégations » lui ont « causé un préjudice considérable ».

Nicolas Sarkozy se réjouit par ailleurs que « la vérité éclate enfin » et estime que depuis « sept ans et demi, l’instruction n’a pas découvert la moindre preuve d’un quelconque financement illicite ».

« Jamais il ne m’a remis d’argent, jamais il n’y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007 » martèle-t-il dans son message sur les réseaux sociaux. 

Il demande enfin à ce que « les autorités judiciaires fassent la lumière sur les graves accusations portées quant à l’impartialité de certains magistrats ».

Pour rappel, l’ex ministre de l’intérieur Claude Guéant et Nicolas Sarkozy sont soupçonnés par la justice française d’avoir reçu plusieurs valises d’argent provenant du régime libyen en 2006 et 2007 et qui auraient permis entre autres, à financer la campagne présidentielle de 2007. L’enquête, ouverte en 2013 par les juges d’instructions du parquet financier de Paris, est menée par les magistrats Serge Tournaire et Aude Buresi. L’homme d’affaire Alexandre Djourhi est de son côté soupçonné d’avoir joué les intermédiaires. 

Malgré les dénégations de l’entourage de Nicolas Sarkozy, le 22 mai 2018, la chaîne France 2 avait diffusé une interview exclusive de Moftah Missouri, ancien conseiller et interprète du colonel Kadhafi dans laquelle il a déclaré que l’ex président libyen « a aidé Sarkozy » en lui fournissant « de l’argent » pour le financement de sa campagne électorale de 2007. 

Son témoignage a ensuite été corroboré dans le même reportage par celui de l’ancien directeur de cabinet du colonel Kadhafi, Béchir Saleh. Filmé en caméra cachée, l’homme a admis que « Kadhafi avait un budget spécial pour les personnes qu’il souhaite soutenir » et affirmé « oui c’est vrai » concernant les accusations de financement libyen de la campagne présidentielles de Nicolas Sarkozy. 

L’homme d’affaire Ziad Takieddine et ancien homme de main de Kadhafi apparaissait également dans le reportage de France 2. Il y a réitéré les accusations qu’il a toujours portées depuis le début de cette affaire apparue suite à la publication par le journal en ligne Mediapart en avril 2012, de documents indiquant que 50 millions d’euros auraient été versés par le régime libyen à Nicolas Sarkozy. 

Ce dernier est notamment mis en examen pour « association de malfaiteurs » pour ces faits.

AA

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