France : les imams devront nier islamophobie et racisme d’Etat

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Voulue par le président français Emmanuel Macron, la charte des imams qui devra être signée par ces derniers pour espérer obtenir un agrément officiel, contient de nombreux points très problématiques, tels que la négation absolue d’une islamophobie et d’un racisme d’Etat.

Déjà très critiqué pour le principe même d’une labélisation des imams par la volonté de l’exécutif français, son contenu, révélé par Mediapart, a mis le feu aux poudres.

En effet, après lecture de certains éléments, cette charte apparaît clairement comme un outil destiné à servir les intérêts de l’Etat, loin des préoccupations des musulmans.

Le document était d’ailleurs dans un premier temps intitulé « Charte des principes des musulmans de France », comme si les musulmans du pays étaient un bloc uniforme à qui on livrait un mode d’emploi de ce qu’ils doivent être.

Une injonction validée par Mohamed Moussaoui, le président du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), avec qui le ministère de l’Intérieur a corédigé cette charte.

« La charte des valeurs souhaitée par le président de la République n’est pas exclusivement liée à la création du Conseil national des imams (CNI). (…) Elle concerne toutes les fédérations, y compris celles qui ne souhaitent pas participer à la création du CNI », semble-t-il se satisfaire dans un mail rapporté là aussi par Mediapart.

« Nous refusons que les lieux de culte servent à diffuser des discours politiques ou importent des conflits qui ont lieu dans d’autres parties du monde » devront également affirmer les imams, acceptant ainsi par exemple de faire l’impasse sur la situation des Palestiniens ou encore celle des Ouïgours persécutés en Chine.

Ensuite, sans craindre une quelconque atteinte à la liberté de penser, les auteurs de cette charte interdisaient dans une première version l’emploi de l’expression « islamophobie d’Etat » et fustigeaient des « campagnes diffamatoires prétendant que les musulmans de France seraient persécutés » avant de conclure en affirmant qu’une « attitude victimaire ne repousse pas la haine » et « contribue à la nourrir ».

Suite au tollé provoqué au sein même du CFCM par cette partie du texte qui semble avoir directement été écrite par le gouvernement, ce passage a été amendé dans une dernière version diffusée en interne le 15 décembre.

« Nous réaffirmons solennellement que la dénonciation d’un prétendu racisme d’État ne recouvre aucune réalité en France » déclare désormais la charte, niant des faits pourtant difficiles à invisibiliser dans la mesure où la France a déjà été condamnée à plusieurs reprises, notamment pour des contrôles au faciès opérés par sa police sur des personnes noires ou d’origine maghrébine.

Le texte contient, par la suite, de nombreux éléments de langage distillés par l’exécutif depuis plusieurs semaines dans son projet de loi contre un prétendu séparatisme.

« Certificats de virginité », interdiction de « l’islam politique » ou encore « mariages forcés » sont autant de thèmes repris sans recul dans ce texte polémique.

Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été très nombreuses du côté des figures musulmanes extérieures au CFCM.

Les uns appelant au boycott de cette charte, et les autres demandant clairement aux imams de se positionner contre.

À noter, par ailleurs, que le contexte politique reste très crispé en France où le gouvernement n’a rien trouvé de mieux ces dernières semaines, que d’acter la dissolution du Collectif Contre l’Islamophobie en France, qui dénonçait justement une islamophobie d’Etat, au même titre que l’ONG Barakacity, elle aussi dissoute…

AA

TRT FR

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