Algérie-France : le président Tebboune veut « une relation d’égal à égal »

Algérie-France : le président Tebboune veut « une relation d’égal à égal »

 

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé, à nouveau, sur les relations algéro-françaises marquées, depuis le mois d’octobre dernier, par une forte tension. 

Il a, notamment, exigé « une relation d’égal à égal » avec l’ex-puissance coloniale.

S’exprimant, lors d’une rencontre avec des journalistes diffusée sur la chaîne de télévision publique, il a déclaré « le retour à la normale des relations algéro-françaises est inéluctable, mais à des conditions. L’autre partie doit comprendre que le traitement d’égal à égal n’est nullement une provocation, mais plutôt un garant de la souveraineté d’un pays, arrachée au prix de 5 630 000 de martyrs tombés au champ d’honneur entre 1830 et 1962 ».

Abdelmadjid Tebboune fixe, dans ce sens, le cadre dans lequel devraient évoluer les rapports entre les deux pays à l’avenir. « Les relations entre les deux pays doivent désormais obéir à un traitement d’égal à égal (…) L’Algérie ne tolérera aucun diktat. L’établissement de relations avec la France ne sera pas synonyme de placement sous sa tutelle », a-t-il soutenu.

Les relations algéro-françaises se sont nettement tendues au lendemain des propos tenus, le 30 septembre dernier, par le président français, Emmanuel Macron qui a qualifié « le régime algérien de politico-militaire dur ».

Le chef de l’Etat français avait également jeté le doute sur l’existence de la Nation algérienne avant l’arrivée de la France dans le pays en 1830. 

En réaction à ces propos, la Présidence algérienne a rappelé son ambassadeur à Paris et Abdelmadjid Tebboune a refusé de participer personnellement à la conférence internationale sur la Libye organisée, le 12 novembre courant, dans la capitale française.

 

–Visite de Benny Gantz au Maroc : « Un déshonneur »–

Le président Algérien s’est exprimé également sur la dernière visite au Maroc du ministre de la Défense israélien, Benny Gantz.

Il s’est dit « triste qu’un ministre de l’entité sioniste menace un pays arabe (l’Algérie) à partir d’un autre pays arabe (le Maroc) », qualifiant cet acte « d’infâme et déshonorant ».

« C’est la première fois depuis 1948 qu’un ministre de cette entité visite un pays arabe et y profère des menaces à l’encontre d’un autre pays arabe. Un tel acte entache d’opprobre le pays hôte », a-t-il affirmé. Le Maroc et Israël ont conclu, mercredi 24 novembre, un accord sécuritaire, très mal perçu à Alger. 

Evoquant le prochain sommet arabe, prévu pour le 22 mars 2022 à Alger, Abdelmadjid Tebboune a émis le vœu de son pays de voir la Syrie participer à ce rendez-vous. « L’Algérie est un État qui rassemble les belligérants. Lorsque nous organisons un sommet arabe, il faut qu’il soit rassembleur. La Syrie est censée y participer », a-t-il souligné, espérant, au passage, que « ce sommet puisse constituer un nouveau départ pour un monde arabe déchiré ».

« L’Algérie n’applaudit pas la discorde et la division entre les pays arabes, c’est un État qui fédère les belligérants en Afrique, dans le monde arabe et même en Europe et dans les Balkans », a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat algérien a, en outre, regretté que « la ligue arabe n’a pas changé depuis 1948 ». «Toutes les organisations ont changé sauf la Ligue arabe. L’Organisation des nations unies (ONU) appelée auparavant la Société des nations (SDN) et l’Union africaine (UA), ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), sont régies actuellement par des règlements intérieurs efficients », a-t-il rappelé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AA

TRT FR

Partager cet article? https://turquie2023.com/RBMxOk