La crise ukrainienne s’approfondit (étude)

La crise ukrainienne s'approfondit (étude)

La crise ukrainienne s’approfondit au fur et à mesure. Le processus de négociation entre les États-Unis et la Russie n’a pas produit le résultat escompté. On ne sait pas encore exactement comment les États-Unis ont répondu à la demande de garanties de sécurité de la Russie. L’administration de Washington a notamment demandé à Moscou que le contenu de la lettre ne soit pas partagé avec l’opinion publique internationale. Cela montre en soi qu’il y a un marché caché. D’autre part, le renforcement militaire de la Russie autour de l’Ukraine se poursuit à plein régime. Si les négociations échouent, il est presque certain que la Russie effectuera une démarche militaire. Cependant, des incertitudes subsistent quant à la portée de cette démarche.

Il existe de nombreuses dynamiques différentes dans la crise ukrainienne. La plus importante de ces dynamiques est peut-être que la crise ne se limite pas à l’Ukraine. La Russie et l’Occident voient la crise comme une nouvelle confrontation géopolitique. En réponse à l’OTAN, qui a vu la faiblesse de la Fédération de Russie comme une opportunité après la Guerre froide et s’est élargie vers la Russie sur l’axe de la politique de « porte ouverte », la Russie fait maintenant un nouveau pas en voyant cette fois la faiblesse de l’Occident. Cette décision vise principalement à retirer l’OTAN de la région que la Russie appelle « l’environnement proche ». C’est extrêmement important pour la sécurité de la Russie. Pour l’Occident, c’est une étape importante pour l’architecture de sécurité de l’Europe. Les « garanties de sécurité de Moscou » exigent que l’OTAN se retire de la région immédiate de la Russie, y compris des États membres. Accepter cette exigence, c’est reconstruire l’architecture de sécurité européenne.

D’un autre côté, il n’y a pas de consensus complet en Occident. La politique de l’Allemagne attire particulièrement l’attention. L’administration de Berlin s’oppose à l’aide en armement à l’Ukraine et soutient qu’une politique « d’apaisement » envers la Russie devrait être suivie. L’Allemagne, qui dépend particulièrement de la Russie pour le gaz naturel, ne semble pas soutenir une attitude dure de l’OTAN et de l’UE envers la Russie. La France, en revanche, suit une position différente. Quant aux États-Unis, ils semblent avoir sous-estimé la menace russe en se concentrant davantage sur la Chine.

La Turquie qui tente d’empêcher l’escalade de la crise et sa transformation en guerre, a proposé de servir de médiateur entre l’Ukraine et la Russie. Le président Erdogan devrait effectuer une visite en Ukraine le 3 février. L’objectif principal de cette visite est de créer un terrain propice pour résoudre la crise entre Moscou et Kiev. Cependant, la position principale de la Turquie continue de se dessiner avec l’Occident. Il est hors de question pour la Turquie de négocier avec la Russie en dehors de l’OTAN. Cependant, le président Erdogan fait de son mieux pour apaiser la crise, parce que la région de la mer Noire est d’une importance vitale pour la sécurité et la stabilité de la Turquie. Une éventuelle intervention russe perturbera la Turquie et nuira aux relations turco-russes. Par conséquent, il semble que la capacité d’Ankara à trouver une troisième voie dépende de la manière dont Poutine répondra à l’appel du président Erdogan.

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