Au moins 39 migrants sont morts et 29 autres ont été blessés dans un incendie survenu tôt mardi dans un centre de détention où ils étaient retenus dans le nord du Mexique, à Ciudad Juárez, ville mexicaine frontalière des Etats-Unis, ont annoncé les autorités mexicaines.

L’Institut national des migrations (INM) qui gère ce centre « déplore le décès de 39 migrants jusqu’à présent à la suite d’un incendie », selon un communiqué.

Les 29 blessés ont été hospitalisés dans un état grave dans quatre hôpitaux, a ajouté l’INM en se déclarant prêt à aider les familles des victimes.

L’INM a précisé avoir établi des contacts « avec les autorités consulaires des différents pays pour l’identification complète des personnes migrantes décédées ».

L’incendie, sans précédent dans des installations pour les migrants dans le pays, a débuté peu avant minuit lundi, suscitant la mobilisation au petit matin mardi des pompiers et de dizaines d’ambulances.

Il a commencé dans la zone où sont hébergés les étrangers sans papiers. L’INM indique qu’il « rejette énergiquement les actes qui se sont produits dans cette tragédie ».

Une journaliste de l’AFP a pu voir des employés du service médico-légal placer des cadavres sur le parking du centre avant qu’ils soient emportés pour identification.

Le site était gardé par des militaires et la garde nationale.

De nombreux migrants avaient été transférés dans ce centre ces derniers jours après une campagne des autorités locales contre les vendeurs des rues qui comptent beaucoup d’étrangers.

Un sauveteur qui a requis l’anonymat faute d’autorisation pour s’exprimer a expliqué qu’environ 70 migrants, la plupart des Vénézuéliens, se trouvaient sur le site.

« Ils ne te disent rien »

Viangly, une Vénézuélienne, hurle de désespoir devant le centre où avait été emmené son mari âgé de 27 ans après son arrestation lors d’une rafle alors que, affirme-t-elle, il détient des papiers mexicains. « Ils l’ont emmené en ambulance », assure-t-elle. Elle ne sait rien sur son état et se plaint que les responsables du centre « ne te disent rien ».

Ciudad Juarez, voisine d’El Paso (Texas), est l’une des villes frontalières d’où de nombreux migrants sans papiers cherchent à gagner les Etats-Unis pour y demander asile.

Depuis 2014, environ 7.661 migrants sont morts ou ont disparu sur la route vers les Etats-Unis, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Le 13 mars, des centaines de migrants lassés d’attendre, la plupart vénézuéliens, ont tenté de traverser la frontière mais des agents américains leur ont interdit le passage.

Le 27 juin, 56 migrants ont été retrouvés morts asphyxiés dans une remorque abandonnée à proximité de San Antonio au Texas.

Le président américain Joe Biden a pris en février de nouvelles mesures restrictives sur le droit d’asile pour les migrants ayant traversé la frontière avec le Mexique, les obligeant à faire leur demande dans les pays de transit ou par internet.

Les mesures prévoient aussi le recours plus fréquent par les Etats-Unis à des expulsions immédiates, assorties d’une interdiction de nouvelle entrée sur le territoire pendant cinq ans.

Quelque 200.000 personnes tentent chaque mois de traverser la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Les migrants, soucieux d’échapper à la pauvreté ou à la violence dans leurs pays d’origine, prennent souvent d’énormes risques pour entrer sur le sol américain.

AFP