Des dizaines de migrants sont morts dans un incendie survenu tôt mardi dans un centre de détention où ils étaient retenus à Ciudad Juárez (Nord), ville mexicaine à la frontière avec les Etats-Unis, ont rapporté des médias locaux.

Un fonctionnaire du gouvernement de l’Etat de Chihuahua, qui a requis l’anonymat, a fait état de plus de 30 morts devant des journalistes.

Selon le quotidien local El Sol de Parral, le nombre de personnes tuées dans l’incendie s’élève à 39, la plupart décédées par asphyxie.

Une journaliste de l’AFP a pu voir des employés du service médico-légal retirer une dizaine de cadavres du parking de l’Institut national des migrations (INM) situé près de la frontière et où plusieurs autres corps étaient alignés sous des couvertures.

Joint au téléphone par l’AFP, l’INM a confirmé l’incendie mais refusé de donner des indications sur les victimes.

Un sauveteur qui a requis l’anonymat faute d’autorisation pour s’exprimer a expliqué qu’environ 70 migrants, la plupart des Vénézuéliens, se trouvaient sur le site.

Viangly, une Vénézuélienne, hurle de désespoir devant le centre où avait été emmené son mari âgé de 27 ans après son arrestation lors d’une rafle alors que, affirme-t-elle, il détient des papiers mexicains. « Ils l’ont emmené en ambulance », assure-t-elle. Elle ne sait rien sur son état et se plaint que les responsables du centre « ne disent rien ».

L’incendie a débuté peu avant minuit lundi, suscitant la mobilisation au petit matin mardi des pompiers et de dizaines d’ambulances.

Ciudad Juarez, voisine d’El Paso (Texas), est l’une des villes frontalières d’où de nombreux migrants sans papiers cherchent à gagner les Etats-Unis pour y demander asile.

Mesures restrictives

Depuis 2014, environ 7.661 migrants sont morts ou ont disparu sur la route vers les Etats-Unis, d’après les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

Le 13 mars, des centaines de migrants lassés d’attendre, la plupart vénézuéliens, ont tenté de traverser la frontière mais des agents américains leur ont interdit le passage.

Le 27 juin, 56 migrants ont été retrouvés morts asphyxiés dans une remorque abandonnée à proximité de San Antonio au Texas.

Le président américain Joe Biden a pris en février de nouvelles mesures restrictives sur le droit d’asile pour les migrants ayant traversé la frontière avec le Mexique, les obligeant à faire leur demande dans les pays de transit ou par internet

Les mesures prévoient aussi le recours plus fréquent par les Etats-Unis à des expulsions immédiates, assorties d’une interdiction de nouvelle entrée sur le territoire pendant cinq ans.

Quelque 200.000 personnes tentent chaque mois de traverser la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Les migrants, soucieux d’échapper à la pauvreté ou à la violence dans leurs pays d’origine, prennent souvent d’énormes risques pour entrer sur le sol américain.

AFP